Il est possible de guérir un palmier d’une attaque de chenille de l’archonte du papillon Paysandisia, le papillon palmivore (palmier papillon ou palmier bombyx) !
Soigner un palmier touché par la chenille du papillon palmivore n’a rien d’insurmontable, à condition de bien comprendre la bête. Rien à voir avec la lutte contre la teigne du buis, même si on parle encore de larves voraces. Ici, la clé, c’est de connaître le cycle du papillon pour agir au bon moment et au bon endroit.
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Cette larve de papillon du palmier, l’archon de Paysandisia, a été mise à nu dans sa galerie. Les parties blanches indiquent la présence d’un organisme vivant, tandis que les zones brunes témoignent de tissus déjà morts.
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Comment évoluent le papillon palmivore et sa chenille ?
Les papillons adultes sortent dès que la chaleur s’installe, généralement vers la fin juin. La ponte commence rapidement et s’étale jusqu’à la fin septembre. Les œufs, semblables à de petits grains de riz, sont dissimulés dans les fibres du palmier, près des jeunes pousses.
Une incubation de plusieurs semaines (jusqu’à un mois si la météo reste fraîche) précède l’éclosion. Les premiers signes d’infestation apparaissent donc généralement entre le 10 juillet et le 20 octobre. Après leur naissance, les chenilles passent quelques jours à l’air libre avant de s’enfoncer dans le palmier.
La jeune chenille attaque une pousse tendre, progresse vers le cœur et grandit surtout en automne et au printemps. Chaque nuit, elle creuse sa galerie, rejetant fibres et déjections à l’extérieur : souvent, c’est ce détail qui met la puce à l’oreille. L’hiver marque une pause dans son développement, qui redémarre au printemps. Fin juin, la chenille, devenue gloutonne, atteint sa taille maximale, puis s’enferme dans une chrysalide dont émergera le papillon adulte à l’orée de l’été.

Voici un cœur de palmier attaqué : la sciure s’accumule à gauche, l’entrée de la galerie se devine à droite. Ce sont des indices à ne pas ignorer.
Reconnaître les symptômes d’une attaque de Paysandisia
Voici les principaux signes qui doivent alerter :
- Des trous réguliers criblent les palmes, un aspect “feuille mitraillée” très caractéristique.
- On observe un amas de sciure grossière et collante au cœur du palmier.
- Une galerie peut parfois être détectée en fouillant le centre de la plante.
- La couronne de feuilles s’étale anormalement, l’arbre semble s’affaiblir.
- Les jeunes palmes (la « lance ») se détachent facilement si on tire dessus.
- On trouve parfois des cocons ou des enveloppes larvaires vides au pied ou sur le tronc.

Sur cette image, les dégâts visibles correspondent aux premiers stades d’attaque : des galeries dans la feuille, une sciure qui ne trompe pas.
Entre les premiers et troisièmes stades, le palmier est encore dans la course et peut retrouver la santé si l’on intervient rapidement. Attention toutefois à ne pas confondre avec d’autres maladies du palmier. Chez Trachycarpus, l’attaque débute souvent par une couronne divisée, avec d’un côté les jeunes feuilles, de l’autre les plus anciennes qui pendent. Ce détail doit éveiller la vigilance.

Chamaerops frappé de plein fouet : il ne reste plus de feuilles en formation, le tronc est condamné. Toutefois, chez ce palmier qui fait des rejets, une repousse est possible à partir de la base.
Les stades avancés (4 à 6) témoignent d’une attaque ancienne, souvent vieille de deux ans. Les papillons se sont déjà envolés, et l’arbre a peu de chances de s’en remettre, bien qu’un miracle puisse se produire.
Vérifiez toujours que vous avez affaire à Paysandisia et pas à un autre parasite.
Quels palmiers sont les plus vulnérables ?
Les Chamaerops et les Trachycarpus attirent tout particulièrement le papillon palmivore, mais il peut s’en prendre à n’importe quelle espèce. Il a un faible pour les Phoenix et les variétés peu fibreuses ; Washingtonia et Sabal, eux, sont rarement touchés. Un article complet sur la sensibilité des différentes espèces est disponible pour ceux qui veulent approfondir.

Bonne nouvelle : les Sabals figurent parmi les espèces les moins sensibles à l’attaque du papillon.
Où la menace du papillon palmivore se propage-t-elle ?
L’expansion continue : aujourd’hui, ce parasite est bien installé dans la plaine du Roussillon, le sud-ouest, la vallée du Rhône, et il commence à s’installer sur la côte atlantique, dans le Gers et même en Île-de-France. Des apparitions ponctuelles ont été notées ailleurs en Europe, mais sans installation durable pour l’instant. Les données officielles sont régulièrement mises à jour, mais nul territoire ne peut se croire complètement à l’abri.
À noter : le charançon du palmier ne remonte pas encore au nord de la Méditerranée, mais la situation peut évoluer.
Comment agir face au papillon du palmier ?
Pour éliminer la chenille du palmier, voici les étapes à suivre :
- Surveillez pour repérer une galerie ouverte.
- Débarrassez le cœur du palmier de la sciure, à l’aide d’un compresseur si besoin.
- Injectez un insecticide biologique dans la galerie, le jet d’un pulvérisateur est souvent efficace.
- Laissez agir pendant 15 jours.
- Procédez à une nouvelle inspection.
- Si de la sciure fraîche réapparaît, renouvelez l’application.
Quel type d’insecticide privilégier ?
Pas besoin de s’armer de produits agressifs : un insecticide biologique fait parfaitement l’affaire. Optez pour des formules à base d’extrait de pyrèthre (naturel) ou de substances similaires (pyréthrine, pyréthroïdes) disponibles en jardinerie. Suivez bien les indications du fabricant. En cas d’urgence, le jus de tabac concentré peut dépanner. Certains ont même testé des produits anti-moustiques, mais il s’agit d’utilisations détournées qui ne sont pas recommandées.

Un palmier nettoyé régulièrement reste plus facile à surveiller. Sur ce sujet, l’infestation est déjà ancienne et la plante irrécupérable.
Qui contacter pour traiter un palmier infesté ?
Il est fortement conseillé de faire appel à un professionnel, tel qu’un paysagiste (nous ne proposons pas ce service). Il saura évaluer la gravité de la situation, choisir la meilleure méthode et, le cas échéant, confirmer qu’il n’y a rien à faire. Certes, ce service a un prix, mais il permet souvent de sauver des sujets précieux.
Autres moyens de lutte contre le Paysandisia
Il existe plusieurs options à envisager selon l’état de l’infestation :
- Utiliser des nématodes (disponibles en jardinerie) : à appliquer si la chenille est visible ou juste après la ponte, en les injectant dans la galerie. Prévoyez un budget d’environ quarante euros par dose. Assurez-vous qu’il s’agit bien du nématode Steinernema carpocapsae. Le traitement est plus efficace si les conditions d’humidité et de température sont respectées.
- Utiliser le Bacillus thuringiensis : cette bactérie tueuse de chenilles, moins coûteuse que les nématodes, agit de la même façon sans nuire aux autres insectes ou animaux.
- Insérer un fil dans la galerie pour atteindre la chenille : cette méthode manuelle s’applique uniquement lors des premières phases d’infestation, quand la chenille est encore accessible.
Pour approfondir, le site de l’association Let’s Save Our Palms regorge d’informations utiles.
Comment savoir si le palmier a réellement récupéré ?
La reprise de la croissance, avec l’apparition de nouvelles palmes au cœur du palmier, constitue le signe indiscutable d’une guérison. Une floraison n’est pas suffisante : seules de jeunes feuilles fraîchement déployées attestent que le palmier a retrouvé sa vigueur.
Prévenir une attaque de papillon du palmier : comment s’y prendre ?
Les méthodes préventives les plus efficaces sont les suivantes :
- Appliquer Biopalm chaque année, avant la fin mai (disponible chez Prograrein, nous ne le vendons pas nous-mêmes). Cette laque naturelle protège les jeunes palmes en formation, malgré un impact esthétique qui peut en rebuter certains.
- Répandre des nématodes en cas de ponte avérée, sous réserve de conditions adaptées d’humidité et de température.
- Proscrire les méthodes improvisées comme les traitements au xylophène, diesel ou autres produits pétroliers : ces pratiques sont nocives pour la plante, l’environnement et la santé humaine, et leur efficacité est douteuse.
- Envelopper le palmier dans un filet à maille fine (1 cm suffit). Peu esthétique, mais utile en cas d’absence prolongée.
Application de Biopalm
Biopalm se présente sous forme de laque à appliquer sur les jeunes feuilles. Le site du fabricant propose un tutoriel détaillé pour bien s’y prendre. Cette solution est naturelle et non toxique mais peut altérer l’aspect visuel du palmier.

Exemple d’application de Biopalm sur un Chamaerops, pour prévenir toute attaque.
Adopter des gestes simples pour limiter les risques :
- Éviter la taille durant la période de ponte, entre fin juin et fin septembre.
- Assurer une bonne santé au palmier en lui évitant le stress hydrique pendant l’été : une plante affaiblie attire les ravageurs. Une population de Paysandisia ne cause des dégâts massifs que sur des palmiers déjà fragilisés.
- Nettoyer régulièrement le palmier afin de faciliter la détection précoce d’une attaque.
- Informer le voisinage : inutile d’agir seul si les palmiers alentours restent des foyers d’infestation par manque d’action collective.
- Privilégier les espèces résistantes comme Sabal ou Butia, ou opter pour des espèces qui n’intéressent pas le papillon palmivore (yucca, cycas, cordyline) lors de nouveaux aménagements.
Méthodes inefficaces contre le papillon palmivore
L’application de bouillie bordelaise, de fongicides ou la pose de pièges collants ne servent à rien contre ce parasite. Prudence également face aux conseils approximatifs que l’on peut lire dans certaines publications locales.

Un rappel utile : notre métier consiste à produire des plantes, pas à répondre à toutes les questions sur des végétaux achetés ailleurs. Pour toute demande concernant un palmier ou une plante issue de notre production, envoyez-nous un email. Cela permet d’étudier vos photos et d’apporter des conseils adaptés.
Cette fiche a été actualisée en mars 2021.

